Bienvenue à toi dans cette douzième édition de la Feuille, l'infolettre de la Voie des Arbres - août 2026🌳🌲
D'habitude, écrire cette infolettre est plutôt une partie de plaisir. Je n'ai qu'à me "brancher" sur ce que je suis en train d'explorer avec les arbres, et l'inspiration vient toute seule.
Est-ce parce qu'il s'agit de boucler la douzième édition, donc la première année de ce rendez-vous mensuel, que cela m'est plus compliqué cette fois-ci ? Je ne peux que constater cette difficulté et tenter d'y mettre des mots.
Le mois dernier, je t'avais partagé que les arbres m'avaient invité à aller les voir plutôt le matin, histoire de ne pas être "pollué" par mes affaires humaines, et que, tenant mordicus à mes rendez-vous du soir, j'avais du coup pris la décision d'aller les rencontrer deux fois par jour.
Je m'y suis globalement tenu et le résultat est... dingue ! Au point que je suis encore trop ébranlé pour oser te partager le détail de mes toutes fraîches prises de conscience.
Depuis tant d'années, j'ai pris l'habitude de voir les arbres chambouler mes certitudes et mes croyances limitantes. Pour te donner un seul exemple, auquel un récent commentaire de Juliette dans la formation "Ni druide ni chaman" m'a fait repenser, j'ai très longtemps cantonné mes rencontres avec les arbres aux heures de la journée, et ce sans même m'en rendre compte. La vue étant un sens que j'ai tendance à favoriser, j'avais auto-censuré toute visite nocturne au pied des arbres. Il a fallu que l'Eucalyptus de mon ancien jardin me demande pourquoi je ne lui rendais jamais visite nuitamment pour me rendre compte de ce conditionnement inconscient.
Eh bien c'est un autre de ces conditionnements qui vient tout juste de m'éclater à la figure sous l'intensité de mes deux rencontres quotidiennes, sauf que celui-ci est... collectif ! C'est une chose de prendre conscience d'un mensonge qu'on se racontait à soi-même, et c'en est une autre de se libérer d'une illusion qui emprisonne la société humaine toute entière.
Ce mensonge le voici dans sa version anglophone : no pain, no gain (pas de douleur, pas de gain). En allemand : ohne Fleiß kein Preis (pas de récompense sans effort). En français, on n'a rien sans rien ou on n'a rien sans peine... En espagnol : no se ganan truchas a bragas enjutas (on n'attrape pas des truites sans se mouiller le pantalon). J'ai même trouvé des citations en japonais et en chinois qui disent peu ou prou la même chose.
Toute ma vie (jusqu'ici), j'ai adhéré à cette croyance. Quelque part, je l'ai même confondue avec une valeur, et je me suis échiné, avec toute l'application et le sérieux conférés par mon rôle de père, à la transmettre à mes enfants.
La civilisation judéo-chrétienne est bâtie sur cette pierre angulaire de la souffrance qui se transforme en récompense.
Le système capitaliste repose sur cette croyance que les efforts fournis dans l'intérêt de l'individu aboutiront au bien-être collectif.
En Ariège, terre alternative s'il en est, je vois nombre d'opposants déclarés à ces systèmes "archaïques" renoncer fièrement à l'abondance pour échapper à toute servitude en termes d'efforts : je choisis "no gain" pour obtenir "no pain"...
Toute la force de ce mensonge tient dans le fait qu'il est partiellement vrai.
On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs, pardi !
C'est exact. Et pourtant les arbres n'arrêtent pas de m'enseigner le contraire.
Ils m'invitent à profiter, à me réjouir, à interpréter tout obstacle non pas comme une occasion de me dépasser mais comme un signe que je fais fausse route. Ils me rappellent ces faits indiscutables : depuis plus de huit ans que j'ai quitté mon emploi de journaliste salarié, tout ce que je tente de faire par moi-même, mû par ma peur de manquer, échoue, et tout ce qui fonctionne m'est offert sur un plateau sans que je n'aie à lever le petit doigt...
J'ai tenu compte de cela il y a deux ans, quand j'ai laissé tomber tout ce qui vivotait laborieusement dans ma vie professionnelle. J'ai fait place au vide et les arbres y ont pris racine en m'invitant à aller les voir encore et toujours plus. C'est comme cela que j'en suis venu, délibérément, à confier les rênes de mon existence à leur sagesse plutôt qu'aux caprices de mon ego, politique de lâcher-prise qui a abouti comme par miracle à ce nouveau lieu de vie en lisière de forêt...
Je vois que ça marche, mais comme mon mental ne comprend pas comment ça marche, je continue à résister.
Lorsque ce lieu m'a été offert, j'ai aussitôt ressenti l'envie de le partager et y ai vu une invitation à renouer avec les stages présentiels que j'avais délaissés au profit des formations en ligne. J'ai bien sûr demandé validation aux arbres de cette intuition, et j'ai reçu un grand "oui".
Sauf que je m'y suis pris comment pour relancer ces stages ?
No pain, no gain.
J'ai retroussé les manches et, non sans faire la grimace, me suis résolu à poser des dates et à communiquer, chose que j'avais vu faire par tous mes propres formateurs et chose que, d'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours détesté faire !
J'ai une admiration sincère pour les personnes que ça amuse, et surtout pour les personnes qui aboutissent à des résultats probants de cette manière de faire "traditionnelle". Moi, ça a un peu marché lorsque je me suis lancé il y a douze ans (la chance du débutant ?) et puis cette source s'est tarie, en même temps qu'une autre jaillissait en réponse à des demandes spécifiques. Des particuliers, en individuel ou en groupe, et des collectifs se sont mis à me contacter pour créer des stages à leur mesure. Et ça, j'adore !
Alors pourquoi n'ai-je pas choisi directement cette option "à la carte" ?
Pourquoi me suis-je enfermé dans le modèle de stages conventionnel qui me pèse si copieusement ?
No pain, no gain.
Heureusement, dans sa grande mansuétude, l'Univers a fait le nécessaire. J'étais tout content d'avoir deux inscrites pour le premier stage "Arbres maîtres" du mois d'août et j'avais décidé de le maintenir malgré ce faible effectif. C'était compter sans l'annulation salvatrice qui devait me faire revoir ma copie, et par là-même m'éclairer sur ce fichu conditionnement que je continuais inconsciemment d'alimenter.
Merci ! 🙏🙏🙏
Je n'ai pas encore changé la page "stages en Ariège" du site, mais elle va donc évoluer pour proposer des retraites individuelles et des séminaires de groupes déjà constitués à la carte, ce que j'adore faire, plutôt que de m'échiner à tenter de reproduire des formules classiques qui ne sonnent pas juste pour moi.
C'est vrai que la vie réclame des efforts. Qui ne nage pas coule, mais rien ne nous oblige d'aller à contre-courant. Et en plus, on a même le droit de faire la planche de temps en temps !
On ne savoure pas une omelette en pensant aux œufs cassés.
Pendant des millénaires, notre espèce s'est battue pour sa survie. Il fallait souffrir pour échapper aux prédateurs. Il a fallu ensuite se pencher pour travailler la terre. No pain, no gain.
Je crois que les arbres nous invitent collectivement à mettre à jour notre logiciel Survie 9.99, pour passer à Vie 1.0...
Merci à toi d'avoir lu cette infolettre jusqu'au bout !
Prochaine édition de la Feuille le 18 septembre. D'ici là, belle fin d'été à toi et merveilleuses rencontres avec les arbres🌲🌳
Laurent
Actualités
Quelques infos pratiques avant de te quitter : la chaîne YouTube de la Voix des Arbres est sur le point de passer le cap des 100 abonnés (99 quand j'écris ces lignes). J'y publie en général une nouvelle vidéo par semaine donc n'hésite pas à te mettre à jour si tu n'y as pas jeté un œil depuis un moment : https://www.youtube.com/@Lavoixdesarbres
Du côté du site, rien de nouveau ce mois-ci. Tout a l'air de fonctionner correctement au niveau des formations en ligne. Surtout, si tu as le moindre problème, n'hésite pas à m'alerter. J'ai eu grand plaisir à échanger par téléphone ou en visio avec les quelques personnes qui se sont débattues avec la technique.
Ah si, je l'ai mis à jour sur la page des stages ! Le séminaire "Arbres maîtres" du mois d'Août a en effet été décalé de quelques jours pour faciliter une nouvelle inscription et aura donc lieu du samedi 22 au mercredi 26 août. Il reste 4 places.
Voilà pour les nouvelles de la Voie des Arbres, à quelques jours du solstice d'été !
Je te remercie d'avoir lu cette infolettre jusqu'au bout et m'en vais méditer de ce pas deux fois plus longtemps compte tenu de tout ce que j'ai à faire... 😉😅
Prochain numéro de la Feuille, le 18 juillet.
D'ici là, je te souhaite comme d'habitude de merveilleuses rencontres avec les arbres 🌲🌳
Laurent
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