Bienvenue à toi dans cette onzième édition de la Feuille, l'infolettre de la Voie des Arbres - juillet 2026🌳🌲
Avertissement : toute ressemblance entre la métaphore qui va suivre et la Communication sensible avec les Arbres est tout sauf fortuite et ne doit rien au hasard, auquel de toute manière je ne crois pas. 😉😅
Imagine que tu ne te soies pas lavé depuis plusieurs mois, et soudain te voici à l'entrée d'une magnifique salle de bains : douche, baignoire, lavabos, savons aux mille et un parfums, gants de toilette, brosses, peignoirs, rien ne manque pour t'accueillir dignement et te permettre de repartir propre comme un sou neuf.
Mais tu as beau avoir profondément besoin de cette grande lessive, quelque chose te retient. Tu contemples les carreaux blancs immaculés qui te séparent des différents points d'eau. Que ce soit pieds nus, en chaussettes ou en gardant tes chaussures crottées, il est évident que tu ne peux pas les atteindre sans les souiller. Et puis où vas-tu déposer tes vêtements remplis de crasse ?
Pour pouvoir entrer, il te faut d'abord dépasser ta honte, ta culpabilité d'être si sale et malodorant à présent.
Après plusieurs minutes à poireauter bêtement sur le seuil, tu finis par te décider à oser. Après tout, une salle de bains n'aurait aucune raison d'être s'il n'y avait que des gens propres !
Tu te déshabilles sur place, entres en évitant de trop regarder les empreintes que tu laisses, sautes sous la douche et tournes le robinet d'eau chaude. Quel régal ! Quel soulagement ! "Pourquoi donc n'es-tu pas venu plus tôt" est le reproche qui tourne en boucle dans ta tête.
Après quelques minutes à te faire mousser, au sens propre, tu te rends compte que l'eau qui s'évacue en spirales est déjà moins trouble. Tu ne perçois plus non plus d'odeurs désagréables flottant dans l'air, mais plusieurs parties de ton corps attirent ton attention.
Débarrassés de toute poussière superficielle, tes mains et tes bras ont révélé de vieilles taches de peinture. À leurs différentes couleurs, tu réussis à te souvenir des chantiers qui les ont occasionnées. Sous tes ongles trop longs (tu te prends à rêver qu'il y ait de quoi les couper dans un des tiroirs de cette salle de bains magique), tu reconnais la noirceur de la terre de ton jardin que tu as triturée sans prendre de gants pendant tes derniers travaux de plantation. Mais ces grosses taches graisseuses sur la jambe, c'est quoi ? Ah mais oui, bien sûr, la chaîne de ton vélo contre laquelle tu t'étais appuyé par mégarde...
À l'instinct, tu tâtonnes entre les différents ustensiles à ta disposition pour trouver le combo gagnant et éliminer une à une ces différentes cochonneries. Cela prend un temps fou, mais finit par vraiment payer. Dommage qu'il y ait ce goût bizarre dans ta bouche... D'un autre côté, c'est pas si mal qu'il soit là pour te rappeler que cette partie-là aussi aura besoin d'un bon gros nettoyage.
A priori c'est bon te voilà tout propre. Sauf que quelque chose te retient une fois encore. Tu mets du temps à identifier de quoi il s'agit et puis soudain tu comprends ! Cette salle de bains n'est pas là que pour te nettoyer physiquement. Elle est en train d'agir aussi sur le plan psychologique, et pour faciliter son œuvre tu as simplement à lâcher prise. Profiter de cet instant de grâce, goûter la magie du moment présent, sortir du faire pour simplement être.
Alors tu savoures. Tu laisses filer tes pensées sans t'y attacher. Et puis tu sens monter en toi une intuition, ou plutôt une évidence qui s'impose à toi avec douceur et fluidité :
Plus tu viendras régulièrement dans cette salle de bains, et plus tu te sentiras propre.
Plus tu viendras régulièrement dans cette salle de bains, et moins tu auras besoin d'y rester longtemps pour te nettoyer.
Plus tu viendras régulièrement dans cette salle de bains, et plus tu sauras en parler à celles et ceux qui en ont marre d'être crassouilles mais se moquent, oublient ou ne se croient pas dignes de l'utiliser alors même qu'elle est gratuite et ouverte à tous.
Cette salle de bains, c'est bien sûr la nature en général et les arbres en particulier. Chaque essence est un savon en puissance, une brosse spécialisée.
La semaine dernière, c'est le noyer qui m'a passé un (gentil) savon en me faisant prendre conscience que je venais systématiquement voir les arbres en fin de journée, après avoir d'abord vaqué à mes occupations d'humain. Il m'a fait comprendre que, bien que quotidienne, ma pratique de communication avec eux ne leur donnait pas tant que ça la priorité, et que je gagnerais à venir plutôt le matin. Comme je résistais (j'adore ce moment de calme en fin de journée où je pose tout au pied des arbres), il m'a alors proposé de venir les voir deux fois par jour !
Dont acte.
C'est en les visitant matin et soir que je me suis rendu compte, avec surprise, que mes conversations étaient non seulement plus directes mais aussi bien plus courtes. J'ai ainsi réalisé que plus je laissais de temps s'écouler entre deux rencontres avec les Arbres, plus j'avais besoin de temps pour retrouver une certaine propreté dans ma communication sensible avec eux. Et c'est comme ça que m'est venue cette métaphore rafraîchissante que j'ai choisi de te partager dans cette infolettre estivale !
J'avoue la trouver très parlante.
Tout d'abord, elle démystifie les difficultés que nous rencontrons tous lorsque nous commençons à converser avec les Arbres. C'est le gros décrassage initial ! La première toilette après des mois, des années, voire des décennies de coupure avec la nature. Ce n'est pas toujours confortable, ça donne parfois des hauts-le-cœur, plus on frotte et plus on a l'impression de ne pas y arriver tellement ça donne l'impression d'être toujours aussi cracra. Seul maître mot : la persévérance.
Puis vient le temps des révélations. Les tâches de peinture ou de chaîne de vélo sont les marques de notre passé, nos blessures plus ou moins bien cicatrisées. Le soin n'est pas le même selon le mal à traiter. On tâtonne, on hésite, et puis on finit par trouver. À condition là encore de persévérer.
Et enfin la crème de la crème : jouir du simple bonheur d'avoir accès à la salle de bains magique ! Oublier à quel point elle nous nettoie et nous guérit pour juste être là, conscient, reconnaissant, connecté, sans attente ni désir. C'est de loin le moment le plus extatique, et fort heureusement nous ne sommes pas obligés d'en avoir fini avec les deux autres pour y accéder. Il commence à se manifester dès que l'on entre dans la salle de bains.
Oui, la nature nous lave, mais elle ne fait pas que ça.
Oui, la nature nous révèle notre personnalité, mais elle ne fait pas que ça.
Oui, la nature nous connecte à un état de grâce, et nous n'avons qu'une chose à faire : aller nous plonger en elle pour y goûter !
Je t'avoue que j'avais initialement prévu de te parler d'autre chose dans cette infolettre, mais que cette expérience récente et enthousiasmante a pris le dessus.
J'espère que tu auras pris du plaisir à la lire et te donne rendez-vous le 18 août pour la prochaine parution de la Feuille. Si d'ici là tu as la moindre remarque ou question, n'hésite pas à me répondre par retour de mail : tous les retours sont les bienvenus.
En cet été brûlant, je te souhaite de merveilleuses rencontres à l'ombre des arbres 🌲🌳
Laurent
Actualités
Quelques infos pratiques avant de te quitter : la chaîne YouTube de la Voix des Arbres est sur le point de passer le cap des 100 abonnés (99 quand j'écris ces lignes). J'y publie en général une nouvelle vidéo par semaine donc n'hésite pas à te mettre à jour si tu n'y as pas jeté un œil depuis un moment : https://www.youtube.com/@Lavoixdesarbres
Du côté du site, rien de nouveau ce mois-ci. Tout a l'air de fonctionner correctement au niveau des formations en ligne. Surtout, si tu as le moindre problème, n'hésite pas à m'alerter. J'ai eu grand plaisir à échanger par téléphone ou en visio avec les quelques personnes qui se sont débattues avec la technique.
Ah si, je l'ai mis à jour sur la page des stages ! Le séminaire "Arbres maîtres" du mois d'Août a en effet été décalé de quelques jours pour faciliter une nouvelle inscription et aura donc lieu du samedi 22 au mercredi 26 août. Il reste 4 places.
Voilà pour les nouvelles de la Voie des Arbres, à quelques jours du solstice d'été !
Je te remercie d'avoir lu cette infolettre jusqu'au bout et m'en vais méditer de ce pas deux fois plus longtemps compte tenu de tout ce que j'ai à faire... 😉😅
Prochain numéro de la Feuille, le 18 juillet.
D'ici là, je te souhaite comme d'habitude de merveilleuses rencontres avec les arbres 🌲🌳
Laurent
Derniers articles